Spectacle vivant : les tendances communication de la saison 25-26

Par Iris Gratiet

Pour la 4e fois, Overjoyed était présent au 11e Forum Entreprendre dans la Culture organisé par le Ministère de la Culture à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville. Marie-Pierre Bourdier, fondatrice du Collectif, y a animé le mardi 1er juillet une conférence sur le thème : « Nouvelles tendances de la communication dans le spectacle vivant », alors que les lieux de culture et de spectacles présentaient leurs nouvelles saisons. Voici un résumé de notre étude qualitative sur les tendances du secteur en matière d’identité visuelle, de contenus et d’outils pour répondre aux enjeux de communication 2025. Des tendances… qui suivent des tendances : 2 exemples 1. La bataille de l’attention : aller vers l’essentiel Comme le souligne Olivier Lefebvre (FRED & FARID Paris) : “Avec la bataille de l’attention, il faut aller à l’essentiel. De plus en plus, on voit des campagnes ultra simples : un fond de couleur, une phrase, un packshot, un logo.” Dans un contexte où les publics sont saturés d’informations, la simplicité devient une stratégie de différenciation. Les identités visuelles se recentrent sur des compositions claires, sobres et immédiatement lisibles. Les campagnes privilégient les formats courts et percutants, inspirés des codes des réseaux sociaux : titres impactants, couleurs franches, typographies lisibles, logos épurés. Cette tendance répond directement à la logique des algorithmes et des flux d’attention : un message trop complexe se perd, tandis qu’une image forte et minimale capte immédiatement le regard. Elle influence non seulement la communication digitale, mais aussi l’affichage urbain, la presse et même la télévision. Cette tendance au dépouillement ne signifie pas pour autant appauvrissement créatif. Au contraire, elle exige une maîtrise technique accrue et une capacité à synthétiser l’essence d’un message en quelques éléments visuels seulement : « Un regain de créativité et une personnalisation accrue face à une homogénéité potentiellement générée par les machines, l’originalité et l’inspiration auront plus que jamais leur place.” Dans un univers visuel où l’IA risque de standardiser les productions graphiques, l’originalité, la signature artistique et l’identité propre des lieux de spectacles deviennent des atouts stratégiques. Minimalisme ne doit pas rimer avec uniformité : il s’agit d’affirmer une personnalité forte, même dans la sobriété. 2. La nature et le vivant : retour aux sources, voire antidote En parallèle, une autre tendance traverse les identités visuelles : celle d’un retour au vivant et à la connexion avec la nature. Ce mouvement, amorcé sur les réseaux sociaux, s’amplifie dans le design graphique des lieux culturels et de spectacles. Les visuels intègrent de plus en plus des motifs organiques : feuillages, textures minérales, formes fluides inspirées du monde végétal et animal. Les palettes de couleurs s’adoucissent, se rapprochent des tons naturels : verts mousse, beiges sable, bleus profonds, ocres sables. Les compositions privilégient l’espace et la respiration, comme le reflet d’une quête de simplicité et d’authenticité. Cette esthétique s’inscrit dans un imaginaire collectif où la nature devient refuge et source d’inspiration. Elle offre à la fois un contrepoint apaisant à l’hyperconnexion numérique et reflète une aspiration à un équilibre perdu entre l’humain, le vivant et la technologie. Dans le contexte de 2025/2026, marqué par les débats sur l’impact écologique des activités humaines, dont culturelles, ces codes visuels contribuent aussi à positionner les lieux de spectacles comme des acteurs responsables, proches des enjeux environnementaux, tout en soulignant l’aspect sensible et engagé de leur programmation. La fin du 4e mur : le public devient acteur·ices La fin du 4ᵉ mur ne se joue pas seulement sur scène : elle s’exprime dans la manière dont les lieux de spectacles conçoivent leur identité visuelle : L’humour et l’ironie Les institutions culturelles n’hésitent plus à détourner les codes publicitaires ou les slogans populaires pour mieux capter l’attention. Les affiches jouent sur l’ironie : une citation de Molière est immédiatement « corrigée » par le TNBA, ou encore une invitation à emmener ses enfants au musée qui s’accompagne d’un clin d’œil à la saga Fast & Furious. Même l’identité visuelle se prête au jeu, transformant le sigle « tnba » en un long cri de surprise ou de joie. Ces stratégies rappellent que la culture sait rire d’elle-même, tout en rendant ses messages plus accessibles et mémorables. Le renouveau de la critique à l’aune de l’influence  En 2025/2026, les créateur·rices de contenus ne sont plus de « simples relais » : ils s’affirment comme des partenaires stratégiques en devenant « passeurs d’émotions » et influent directement les identités visuelles des lieux de spectacles : Une diversification des contenus vidéos La vidéo reste pour l’heure le format roi dans la communication en général. Portée par les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et l’évolution des usages, elle devient un territoire central d’expression visuelle et un vecteur puissant d’identité. Au-delà de la simple captation ou de la conception de teasers / trailers, les institutions culturelles explorent désormais une diversité de formats, de récits et de points de vue. L’objectif : créer des passerelles entre artistes, directeur·rices, publics et communautés numériques. Une monétisation et/ou sponsorisation des contenus digitaux : un potentiel encore sous-exploité dans le spectacle vivant Pourtant, si la production de vidéos, d’images et de campagnes interactives s’intensifie, la monétisation et la sponsorisation restent encore timidement utilisées par de nombreuses structures culturelles. Les plateformes offrent pourtant aujourd’hui des outils puissants pour transformer le contenu en levier d’activation commerciale : vente de billets, augmentation de la notoriété, fidélisation des publics et même financement direct des projets artistiques. Mais pour beaucoup d’institutions, la stratégie reste encore fragmentée et le retour sur investissement (ROI) mal mesuré. En bref La communication constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les organisations culturelles. Elle ne se limite plus à la promotion d’un événement, mais participe pleinement à la construction de l’identité et de la visibilité des structures. Dans ce contexte, oser la différenciation créative devient indispensable : proposer des contenus originaux, expérimenter de nouvelles formes narratives et visuelles, et créer des expériences permet de se démarquer dans un paysage culturel bien rempli. La mutualisation des actions de communication apparaît également comme une tendance forte. Des initiatives…

Maison Jean Vilar : reprise de l’exposition permanente « Les clés du Festival » dès le 2 septembre

Par Iris Gratiet

Les Clés du Festival, L’aventure du Festival d’Avignon des origines à nos jourscommissaire Antoine de Baecque C’est la première exposition permanente, ouverte à tous les publics sur l’histoire toujours vivante de la grande aventure artistique et humaine qu’est le Festival d’Avignon. Dans ce contexte, Delphine Menjaud Podrzycki et Marie-Pierre Bourdier ont accompagné la Maison Jean Vilar dans ses relations presse nationales. Son inauguration en juillet dernier a séduit le public avec ses 3 000 m² d’œuvres et d’installations, de sons et d’images… Aujourd’hui, elle entend raconter et faire vivre le Festival en dehors de l’été, auprès de tous les publics — novices ou initiés, touristes ou Avignonnais. Beau pari ! « On entend aussi au fil de la visite résonner les trompettes du Festival. Elles sont, comme les clés, un des emblèmes de ce rendez-vous unique qui permet de comprendre pourquoi l’on parler avec raison du « spectacle vivant ». Gérald Rossi, l’Humanité Une exposition inédite : permanente et ouverte à tous les publics Au fil d’une scénographie immersive réunissant près de mille documents et archives de la Maison Jean Vilar et des collections de la Bibliothèque nationale de France – photographies, films, enregistrements sonores, affiches, programmes, notes et correspondances inédites, décors emblématiques, dessins originaux, maquettes et costumes de légende , la première exposition permanente de la Maison Jean Vilar invite à vivre l’aventure du Festival d’Avignon. Les Clés du Festival dévoile l’histoire du Festival de 1947 à nos jours en traversant ses grands fondamentaux : le festival des origines, un festival d’artistes et de création, un festival et son public, un festival miroir du Monde, Avignon Ville festival, le Festival Off, la fabrique du Festival. Le premier étage de la Maison Jean Vilar (soit surface totale de 350 m²) est jalonné de pièces iconiques, de témoignages marquants, de sources renouvelées, d’histoires artistiques et humaines rapportées. Avec au cœur du projet : le public – novice ou initié, touristes ou festivalier·es – saisi par la force vibrante d’une utopie bien réelle, d’un patrimoine toujours vivant. En confiant ainsi à un large public Les Clés du Festival, cette exposition entend prolonger le geste fondateur de Jean Vilar et du Théâtre Populaire : pour toutes et pour tous. commissariat Antoine de Baecquescénographie Claudine Bertomeu lumière Jean Bellorinicomité scientifique Bibliothèque nationale de France, Association Jean Vilarproduction Association Jean Vilar en coproduction avec la BnF en partenariat avec La Compagnie des Indes, L’INA, Chaillot – Théâtre national de la Danse, Les archives du spectacle, ARTCENA, La Chambre de Commerce et d’Industrie du Vaucluse, Avignon Tourisme, ARTE, France Culture, Télérama, Le Monde, The New York Times, Ici Vaucluse, Zébuline, Scenewebun projet labellisé Avignon – Terre de culture 2025 subventionné par le Ministère de la Culture, la Ville d’Avignon, la Région Sud, le Conseil départemental de Vaucluse et le Grand Avignon mécènes le Crédit Coopératif et Igensia La Maison Jean Vilar est un lieu de mémoire, de transmission, d’invention de l’œuvre de Jean Vilar et du théâtre populaire.  Ouverte à l’initiative de Paul Puaux, compagnon de Jean Vilar et son successeur à la direction du Festival d’Avignon de 1971 à 1979, la Maison Jean Vilar est installée dans un hôtel particulier classé au cœur d’Avignon, mis à disposition par la ville, à quelques pas de la place de l’Horloge et du Palais des Papes.Depuis 1979, la Maison Jean Vilar est animée conjointement par l’association Jean Vilar et la Bibliothèque nationale de France. Ensemble, elles conservent et partagent avec le public les archives de Jean Vilar, des directions suivantes du Festival d’Avignon ainsi que du Festival Off et de différentes institutions culturelles du territoire.Depuis sa fondation, la Maison Jean Vilar a produit des dizaines d’expositions temporaires sur Jean Vilar et ses collaborateurs, le Théâtre National Populaire, les grands acteurs et actrices de la troupe, les œuvres marquantes ou des artistes invités du Festival, l’histoire et les genres du spectacle vivant… Elle a su tisser des liens étroits avec les réseaux éducatifs, culturels et sociaux, le monde professionnel de la création et de la recherche au niveau national. Elle s’inscrit comme un lieu essentiel du Festival durant le mois de juillet.

Les théâtres hors du cadre

Par Iris Gratiet

Le théâtre sort des cadres, à la rencontre de tous les publics. Les lieux que nous accompagnons multiplient ces expériences uniques pour les spectateur·ices qui y vivent souvent des premières fois fondatrices dans leur rapport à la Culture.Pour certains lieux, c’est l’essence même de leur nature, ici le Théâtre du Peuple à Bussang ouvert sur la forêt vosgienne, le Théâtre de Verdure vibrant tout l’été, en plein cœur du Bois de Boulogne.Certains lieux prennent leur quartier d’été sur la plage comme le Théâtre de la Mer à Arcachon qui s’y installe le temps du Festival Cadences, ou encore partent sur la route en camionnette-théâtre, le Théâtre des Îlets. Enfin, des lieux investissent le territoire pour offrir à des élèves-comédien·nes une formation dans une école nationale unique en son genre, l’ESTU Vivement qu’on partage ces lieux pour de vrai ** Théâtre du Peuple – Maurice Pottecher, Bussang Le Théâtre de Verdure du Jardin Skakespeare, Paris Le Théâtre de la Mer, Festival Cadences, Arcachon La « camionnette-théâtre » du Théâtre des Îlets, Montluçon ESTU, école supérieure du Théâtre de l’Union, Limoges

Culture & Communication. Interview #18 : Lucien Ammar-Arino, directeur délégué de Viadanse CCN de Bourgogne France-Comté

Par Iris Gratiet

Chaque mois, nous allons à la rencontre des dirigeant·e·s et communicant·e·s du secteur pour partager leurs visions du métier, leurs bonnes pratiques et leurs motivations. À quelques jours de la célébration du 30e anniversaire de la Caserne de l’Espérance, CCN de Belfort, nous avons interviewé Lucien Ammar-Arino, directeur délégué aux côtés de Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, depuis 2018. Un entretien comme un voyage artistique dans le temps et les différents espaces de la danse avec un passionné de la rencontre avec les publics.  Une émoji pour commencer ? 🤷 émoji ambivalente Un emoji qui exprime un sentiment partagé à la veille d’un gros événement parce qu’on a hâte d’y être et que ça se concrétise mais avec une petite dose de stress, parce que la pression monte, même si ce n’est pas mon premier événement.Lucien a récemment quitté la co-présidence de l’ACCN qui l’a amené à s’investir fortement dans les 40 ans du label tout au long de l’année 2024).  Comment avez-vous commencé votre vie professionnelle dans la culture ? C’est un long périple qui a commencé très tôt, dès 8 ans, sous l’impulsion de ma professeure de danse. Elle a convaincu mes parents de m’inscrire à l’école de l’Opéra de Paris. J’y ai passé 3 ans en tant qu’élève avant de démissionner même si tout se passait très bien avec Claude Bessy. Cette institution a déclenché chez moi une envie soudaine de voir ailleurs.  J’ai alors poursuivi mes études au CNSMDP à l’époque de Quentin Rouiller, j’y ai approfondi ma culture chorégraphique à dominante classique avec une ouverture forte sur le contemporain. Après avoir terminé mes études de danse, j’ai intégré le Laipziger Ballett (Opéra de Leipzig), à l’époque sous la direction d’Uwe Scholz. Après deux saisons j’ai quitté la compagnie. Même si j’étais passionné par la danse, je me suis dit que je n’avais pas envie de rester sur le plateau, et je voulais élargir mes horizons.  Dans cette perspective, j’ai effectué une double licence d’arabe moderne et de management au sein de la prestigieuse School of Oriental and African Studies (SOAS, Université de Londres, grande école spécialisée dans les études africaines et asiatiques) avec l’objectif de travailler dans le monde arabe, dans le domaine du commerce international.  Dans le cadre de mon cursus, j’ai passé un an à l’Université d’Alexandrie pour me perfectionner en arabe et pour apprendre le dialecte arabe égyptien. Par le plus grand des hasards,  j’ai rencontré une personne qui travaillait à l’Opéra d’Alexandrie où ils recherchaient un professeur de danse classique. Même si j’avais à l’époque fait une coupure avec le monde de la danse, j’ai accepté avec enthousiasme cette proposition, et j’ai repris le chemin des studios de danse, dans l’objectif de parfaire ma pratique de la langue arabe, au contact de mes futurs élèves. Je me suis rapidement pris au jeu et me suis découvert une nouvelle passion : l’enseignement de la danse.  Quel a été ton parcours jusqu’au CCN de Belfort ?  De retour à Alexandrie après avoir terminé ma formation à l’université de Londres, j’ai eu l’occasion d’occuper plusieurs postes, pour le ministère égyptien de la Culture, au sein de l’Opéra du Caire, puis en tant que chef de projet et directeur artistique d’un festival pluridisciplinaire, porté par la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh. En parallèle, j’ai ouvert ma propre école de danse à Alexandrie, un lieu d’enseignement où, à côté des cours de danse, nous organisions différents types d’événements culturels, afin d’accueillir des publics d’autres champs artistiques que la danse. Nous avons également mis en place un prêt de studio destiné à des groupes locaux de théâtre et de danse folklorique. Le tout permettait un grand brassage de publics. Dans ce contexte, nous avons monté, avec une amie plasticienne, un festival de création chorégraphique in-situ en 2011. Intitulé Nassim el Raqs (souffle de la danse, en référence à la grande fête égyptienne de Cham el Nessim, qui a lieu chaque année au printemps), ce projet permettait de faire émerger 4 à 6 formes chorégraphiques, que le public était invité à découvrir, à l’issue des processus de création, sous la forme d’une balade dans la ville. L’ambition était de faire en sorte que la danse ne soit plus une activité “de niche”, d’ouvrir cette pratique sur la ville, de l’amener à la rencontre de publics très divers, dans une multitude de lieux non-dédiés (un garage automobile, une place, un grand magasin, la gare centrale, des appartements, etc.).  Pendant trois ans et demi, j’ai également assuré l’enseignement de la danse classique aux jeunes danseurs contemporains inscrits dans la formation du Cairo Contemporary Dance Center, sous la direction de Karima Mansour, cursus initialement intégré à l’Opéra du Caire, avant de devenir indépendant. C’était une expérience passionnante dans le rapport à la danse et à l’enseignement, un travail d’introspection tout comme une réflexion sur la place, le rôle et la pertinence de ce que l’on transmet. Finalement, nous étions déjà dans une démarche de droits culturels : qu’est-ce que j’apporte à ces danseurs, comment rendre l’enseignement physiquement et culturellement recevable, comment adapter le langage et le vocabulaire au lendemain de la révolution égyptienne. Cette formation de danse contemporaine est malheureusement devenue privée, alors qu’elle avait démarré comme une formation publique, gratuite, prise en charge par le ministère égyptien de la Culture.  J’ai fini par rentrer en France en 2016 car même si les projets que j’avais développés étaient passionnants, la situation restait très précaire. Il devenait très difficile de porter toutes ces actions en tant qu’entrepreneur avec l’évolution de la situation politique et de la conjoncture économique. J’ai continué à travailler avec la Fondation Anna Lindh sur des traductions et je suis passé par d’autres missions, notamment dans l’hôtellerie, afin de compléter mes maigres revenus. Au sein de mon école de danse, j’avais accueilli en 2013 un stagiaire du Master 2 Direction de projets et d’établissements culturels internationaux de l’Université Lyon 2, ancien danseur de hip-hop en reconversion. Son expérience m’a inspirée et j’ai décidé par la suite de m’inscrire dans la même formation. En…

Le Théâtre du Peuple à 130 ans, jubilons !

Par Iris Gratiet

La Saison d’été à Bussang du 19 juillet au 14 septembre 2025 : il y a en France, au cœur des Vosges, un lieu de création, d’expérimentation et de transmission unique – et le mot n’est pas galvaudé ici, le Théâtre du Peuple de Bussang. Un lieu fondé en 1895 par Maurice Pottecher « par l’art, pour l’humanité » ; un symbole emblématique du théâtre populaire pour toustes qui fédère chaque été plus de 26 000 spectateurices venu·es du monde entier ; un patrimoine bien vivant qui célèbrera ses 130 ans en 2025, notamment du 19 juillet au 14 septembre.  À l’occasion de ce Jubilé que préparent, depuis un an, l’équipe du théâtre et de nombreuses associations locales, artistes et publics se retrouveront dans la joie. Nous rirons, avec Sylvain Maurice, d’un roi aussi tyrannique que ridicule (très actuel, en somme), nous suivrons Julie Delille et une mystérieuse bête au cœur de la forêt sauvage et, tout au long de l’été, nous filerons l’histoire de ce lieu avec une troupe de pionnier·es, le temps d’un feuilleton de 6 épisodes. Pour clôturer l’été, nous mettrons à l’honneur, lors des Journées du Matrimoine, les femmes qui ont œuvré dans ce lieu. Pour les 130 ans du Théâtre du Peuple, Julie Delille invite à : « ensemble, faire humanité et jubiler » ! Les temps forts de la programmation présentés ici répondent à cette invitation. Découvrez-les Les temps forts de la Saison d’été Le Roi nu – Création du 19 juil. au 30 août à 15h | du jeu. au dim. texte Evgueni Schwartz mise en scène Sylvain Maurice avec des comédien·nes professionnel·les et amateur·rices Le tyran – interprété ici par le savoureux Manuel Le Lièvre – est un bouffon. Il fait le show, danse sur Village People, sature les écrans et humilie constamment, la vulgarité en bandoulière. Mais, prisonnier de son reflet, il finit dans le plus simple appareil, nu comme un ver. C’est ainsi qu’en s’inspirant de trois contes d’Andersen (et principalement Les habits neufs de l’Empereur), Evgueni Schwartz déshabille littéralement la tyrannie avec autant de poésie que de férocité. Il est notre contemporain. Sylvain Maurice a alors imaginé à Bussang, au cœur de la forêt, une fédération d’ami·es – spectateurices et artistes réuni·es – communier dans un rire authentique, à l’opposé de l’ironie obscène des sunlights. Avec l’espoir que, grâce au théâtre, nous pourrions montrer l’imbécilité et l’arrogance des puissants. « J’imagine Le Roi nu comme une comédie grinçante, ludique et inventive, à l’adresse de toutes les générations. » Sylvain Maurice  Je suis la bête – Reprise in situ 20hdu 1er au 30 août à 20h | jeu., ven. et sam. texte Anne Sibran mise en scène et interprétation Julie Delille Je suis la bête c’est l’histoire d’une enfant abandonnée et élevée par un animal qui va lui apprendre la vie de la forêt, la langue des bêtes et la vie sauvage. Dans ce texte d’une grande intensité d’Anne Sibran, les mots de Méline sont instinctifs, nourris par les chants de la sylve. Ils sculptent l’obscurité et le silence, inculquent un autre savoir, une science de l’écoute. À la frontière entre le monde des bêtes et celui des hommes, la fillette est montrée, exposée sur la scène du théâtre. Mais en retour elle nous montre ce que nous refusons peut-être de voir : l’abîme que – nous humains – avons créée avec : les mondes du vivant. « Assister à Je suis la bête c’est vivre une expérience unique au sein du Théâtre du Peuple. Dans cette version sur mesure, repensée pour être jouée avec le lieu nous vous proposons à la nuit tombée, une immersion totale avec comme seuls guides nos sens et notre instinct. Il s’agira, ensemble, de passer la lisière… »  Julie Delille Hériter des brumes La folle histoire du Théâtre du Peuple – Création feuilleton théâtral du 20 au 30 août 2025 | 1h chaque épisodetexte Alix Fournier-Pittaluga et Paul Francesconi mise en scène Julie Delille avec des comédien·nes professionnel·les et amateur·rices Hériter des brumes, c’est l’histoire d’une troupe de théâtre, composée d’acteurices et d’auteurices d’aujourd’hui, qui tentent de reconstituer l’aventure du Théâtre du Peuple, cent trente ans après sa création. C’est un feuilleton théâtral, en six épisodes. C’est une quête pour essayer de comprendre ce qu’est une utopie et ce que peut l’utopie, pour nous, aujourd’hui. Il y a dedans beaucoup d’amitiés et de passions, des fantômes, deux guerres mondiales, le village de Bussang, des histoires d’amour, des histoires de famille, d’innombrables crises, d’innombrables réconciliations, des arbres, des paysages… et des spectacles, beaucoup de spectacles. « Le texte est né de la commande de Julie Delille. Il s’agira d’une expérience que nous espérons aussi singulière que ce lieu qui nous accueille : un théâtre qui ne cherche pas à mettre son paysage au-dehors, à en faire un décor mais qui se mêle à lui, qui retrouve sa place : un élément du grand tout. » Alix Fournier-Pittaluga et Paul Francesconi En détails : du 20 au 30 août | mer. à 11h intégrale, jeu. à 11h épisodes 1 & 2, ven. à 11h épisodes 3 & 4, sam. à 11h épisodes 5 & 6, dim. à 10h intégrale Rouge Gazon – Expérience musicale le 31 août à partir de 15hcomposition Julien Lepreux Le concert de cette fin de saison est l’occasion d’accueillir Julien Lepreux, compositeur (notamment de la musique du Conte d’hiver et du feuilleton Hériter des brumes) qui nous proposera un voyage sensible en plusieurs étapes comme pour mieux entrer dans la substance musicale. Musique sacrée, rêverie sonore électroacoustique inspirée par le lieu et puis concert accompagné par ses compagnons de route. La musique de cet événement exceptionnel et unique est inspirée et composée dans les lieux d’ici (Bussang, alentours, le Théâtre…) d’où le titre évocateur : Rouge Gazon. « J’entends par musique sacrée une musique qui s’adresse aux vivants et aux morts. Elle n’est ni triste, ni joyeuse, le plus souvent entre les deux, colorée comme le ciel de l’aube. » Julien Lepreux Et pour conclure ce Jubilé Les Journées du Matrimoine autour des figures féminines au Théâtre du Peuple auront lieu le samedi 13 et le dimanche 14 septembre 2025 (programme en cours) 

Avignon, nous voilà !

Par Iris Gratiet

AVIGNON 2025 : nous revoici pour la 4e fois, ensemble pour cet événement essentiel, lieu de toute la créativité des écritures contemporaines, espace d’inspiration, d’espoir et de communs. Avec les artistes que nous accompagnons cet été, retrouvons l’élan, redonnons du souffle, rallumons l’étincelle.  Au plaisir – avec vous – de jouer, danser et célébrer le spectacle et le patrimoine vivants !  Événements à la Maison Jean Vilar : inauguration de l’exposition permanente Les Clés du Festival Une exposition inédite : permanente et ouverte à tous les publics Inauguration publique le samedi 5 juillet 2025 suivie d’un mois de festivités avec, au programme, un feuilleton-spectacle, des rencontres mythiques, des lectures… Au fil d’une scénographie immersive réunissant près de mille documents et archives de la Maison Jean Vilar et des collections de la Bibliothèque nationale de France – photographies, films, enregistrements sonores, affiches, programmes, notes et correspondances inédites, décors emblématiques, dessins originaux, maquettes et costumes de légende – la première exposition permanente de la Maison Jean Vilar invite à vivre l’aventure du Festival d’Avignon. Les Clés du Festival dévoilera l’histoire du Festival de 1947 à nos jours en traversant ses grands fondamentaux : le festival des origines, un festival d’artistes et de création, un festival et son public, un festival miroir du Monde, Avignon Ville festival, le Festival Off, la fabrique du Festival. Le premier étage de la Maison Jean Vilar (soit au total une surface de 350 m2), sera jalonné de pièces iconiques, de témoignages marquants, de sources renouvelées, d’histoires artistiques et humaines rapportées. Avec au cœur du projet : le public – novice ou initié, touristes ou festivaliers – saisi par la force vibrante d’une utopie bien réelle, d’un patrimoine toujours vivant. En confiant ainsi à un large public Les clés du Festival, cette exposition entend prolonger le geste fondateur de Jean Vilar et du Théâtre Populaire : pour toutes et pour tous. commissariat Antoine de Baecque / scénographie Claudine Bertomeu / lumière Jean Bellorinicomité scientifique Bibliothèque nationale de France, Association Jean Vilar / production Association Jean Vilar en coproduction avec la BnF et en partenariat avec le Festival d’Avignon, le T.N.P., les Archives du spectacle, l’INA, Arte et la Compagnie des Indes / un projet labellisé Avignon – Terre de culture 2025 Ça joue ! Avignon IN : TAIRE  du 21 au 23 juillet à 13h à La FabricA Texte, mise en scène et scénographie Tamara Al Saadi | Création 2025 I  Durée 2h10 | Dès 15 ans Tamara Al Saadi est artiste complice à La Criée – Théâtre national de Marseille. Tamara Al Saadi propose une réécriture sensible d’Antigone dans un spectacle choral qui, au-delà du mythe, interroge une adolescence qui ne parvient plus à penser son avenir.  Un mythe peut éclairer le présent, mais l’inverse est également possible. Après avoir longtemps travaillé sur la figure d’Antigone avec des adolescent·es, Tamara Al Saadi a décidé de composer sa propre version de cette histoire, en la tissant avec celle d’une jeune fille d’aujourd’hui, Eden, placée par l’Aide Sociale à l’Enfance. Production Cie LA BASE et La Criée – Théâtre national de MarseilleUne invitation du Collectif ExtraPole SUD Théâtre des Carmes : La tête sous l’eau Du 5 au 26 juillet à 12h relâche le mardi Texte Myriam Boudenia I Mise en scène Louise Vignaud | Création 2024 | Durée 1h Louise Vignaud est artiste complice à La Criée – Théâtre national de Marseille. Avec la Jeune Troupe de La Criée – Théâtre national de Marseille La tête sous l’eau est une fable contemporaine drôlatique et humaniste, qui parle de survie dans un monde où rien ne semble adapté aux gens et à leurs difficultés. Un monde où il n’est question que de rentabilité, d’efficacité, de suractivité, et où rien ne suffit jamais. Où rêver est un mot en trop. Louise Vignaud met en scène avec humour quatre élèves apprenti·es comédien·nes en insertion professionnelle dans un texte qui parle du monde du travail. Un regard sur notre société avec une bonne dose d’acidité et une infinie tendresse. Production La Criée – Théâtre national de Marseille et Compagnie La Résolue Jardin de la Vierge du Lycée St-Joseph : Vive le sujet ! Charles Péguy, ta mère et tes copines,  j’en ai rien à foutre Du 23 au 26 juillet à 10h30 et 18h  Texte et mise en scène Suzanne de Baecque | Création 2025 | Durée 1h30 Vive le sujet ! Tentatives propose un terrain d’expérimentation à des auteurices de différentes disciplines qui composent des performances inédites entouré·es des complices de leurs choix. Au final, six formes courtes, pluridisciplinaires et inattendues. Dans cette bousculade esthétique, l’actrice Suzanne de Baecque convie ici le chanteur Hervé Vilard à un tête-à-tête artistique et prolifique.  Production CDN Orléans – Centre-Val de LoireCoproduction le Festival d’Avignon, la SACD et La Criée – Théâtre national de Marseille Ça danse ! L’Atelier La Manutention Naïf Production : Dégringolade ou l’art de rester debout Du 10 au 20 juillet à 13h15 relâche le 15 juillet  Ashley Chen & Pierre Le Bourgeois I Création 2024 I Durée 50min Un danseur et un violoncelliste revisitent leur parcours artistique dans un dialogue joyeux et plein d’humour.  Deux amis, un musicien et un danseur, ados dans les années 90′. Le premier arpente les scènes Rock, Nosfell, Bertrand Belin, Arthur H… avec son violoncelle, le second a croisé la route de grands noms de la danse de Merce Cunningham à Boris Charmatz en passant par Trisha Brown. Bercé de notes lyriques romantiques qui glissent vers le punk et des sons plus alternatifs, Dégringolade ou l’art de rester debout est un dialogue intime, un récit en mouvement de l’histoire de deux carrières artistiques contemporaines, une interrogation ludique sur le sens de la performance. Théâtre de la Bourse du Travail :Encyclopédie du geste ouvrier Le 14 juillet à 13h30 Sylvie Balestra – Cie Sylex I Création 2021 I Durée 1h Dans cette conférence dansée, Sylvie Balestra prend la parole pour s’adresser directement au public et évoquer sa démarche artistique : comment elle fabrique des spectacles à partir de cette dimension anthropologique. À travers ses projets de terrain elle a rencontré de nombreux corps de métiers : métallos, infirmières, agents communaux, sportifs. Durant une heure,…

THE GREAT CHEVALIER : Ballet National Folklorique du Luxembourg, présentation par M. CHEVALIER, Directeur Artistique – Codirection Simone MOUSSET

Par Iris Gratiet

C’est avec une fierté non dissimulée que nous avons l’honneur de vous annoncer notre collaboration avec Simone Mousset, codirectrice du Ballet National Folklorique du Luxembourg à l’occasion de la tournée inédite de son spectacle-rencontre avec son Directeur Artistique, M. Chevalier, en France au printemps et à l’été. Après un passage par Vanves, dans le cadre du Festival Ardanthé, c’est à l’Abbaye de Royaumont et au Festival d’Avignon qu’ils se produiront prochainement. CRÉATION NOVEMBRE 2024 : THE GREAT CHEVALIER Ballet National Folklorique du Luxembourg Présentation par M. CHEVALIER, Directeur Artistique – Codirection Simone MOUSSET M. Chevalier, enfant terrible de la danse folklorique contemporaine et nouveau directeur artistique du Ballet National Folklorique du Luxembourg, se produit dans tous les lieux qui ont contribué à l’immense succès du Ballet National – dont l’Abbaye de Royaumont et les Jardins de l’ancien Carmel d’Avignon – pour rendre hommage aux puissants liens historiques entre ces lieux et le Ballet National. L’imprévisible directeur et chorégraphe, dont les prestations sur scène sont aussi rares qu’intenses émotionnellement, interprètera, entre autres, des classiques emblématiques, dont la célèbre Danse du Pigeon. Crédits & mentions :Fondatrices du Ballet National Folklorique du Luxembourg : Josephine et Claudine Bal / Direction artistique du Ballet National Folklorique du Luxembourg : M. Chevalier / Codirection : Simone Mousset / Dramaturge de la compagnie : Lou CopeMusiques historiques composées et enregistrées : Maurizio Spiridigliozzi / Scénographie (élément) : Mélanie Planchard, en collaboration avec Simone Mousset et Lewys HoltPrésentation : Louis Chevalier, avec la participation de Simone Mousset / Administration : Cathy Modert / Production : Anna Hainsworth et Neil Lebeter / Diffusion : La Magnanerie Dates de tournées : Le 14 mai 2025State Philharmonia of Armenia, dans le cadre de ARé Fest en partenariat avec ARé Cultural Foundation, Erevan (AM)Les 30 mai et 1er juin 2025Trois performances à la Villa Vauban dans le cadre du Festival Talentlab en partenariat avec Les Théâtres de la Ville de Luxembourg (LU)Du 5 au 24 juillet 2025Sélection du Luxembourg au Festival d’Avignon, au Jardin du Carmel (Théâtre du Train Bleu),avec le soutien de Kultur | lx – ArtsCouncil Luxembourg (relâches 11, 15, 18 juillet) (FR) Le 13 septembre 2025Palais Mogoșoaia, Bucarest, programmation Teatrul Masc (RO)Du 1er au 3 avril 2026Festival Séquence Danse, Centquatre-Paris (FR)Les 12 et 13 juin 2026Église Saint-Pierre-et-Paul, programmation Trifolion Echternach (LU) M. Chevalier Le Ballet National Folklorique du Luxembourg (BNFL) est une institution culturelle distinguée, fondée en 1962 par les sœurs luxembourgeoises Josephine et Claudine Bal. Son nouveau directeur artistique, M. Chevalier est universellement reconnu comme l’une des figures les plus novatrices et énigmatiques des arts de la scène contemporaine. Artiste et directeur de renommée mondiale, il investit avec brio de nombreux champs artistiques, notamment  le ballet classique, le rock et la haute couture. Nommé l’un des cinq directeurs de ballet les plus interviewés en 2024, il apporte un leadership audacieux et visionnaire à la compagnie, définissant l’excellence dans le monde de la danse folklorique contemporaine. Simone Mousset Codirectrice du ballet et chorégraphe luxembourgeoise, lauréate du Prix Luxembourgeois de la Danse (2017), Simone Mousset a joué un rôle crucial dans la renaissance du Ballet National Folklorique du Luxembourg. Soutenue par le ministère de la Culture luxembourgeois, cette artiste associée à The Place (Londres) crée, outre ses spectacles au sein du Ballet National Folklorique du Luxembourg, des œuvres indépendantes ou pour des institutions comme la London Contemporary Dance School et le pavillon luxembourgeois à l’Expo 2021/2022. En 2023, elle publie On Uncertainty, Choreographic Spells, and Wanting to Be the Grass. Ses créations ont été soutenues en France par des institutions majeures telles que le CCN de Nantes, KLAP à Marseille, Les Hivernales à Avignon, et autres.

En 2025, le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault fête 20 ans d’innovations au service de la danse pour toutes et tous

Par Iris Gratiet

On a l’impression d’avoir grandi dans la danse avec eux : de l’Opéra de Paris, à la tête du Ballet National de Marseille, couple virtuose dans M. & Mme Rêve, capables à la fois de réconcilier recherche artistique et succès en salle, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault sont avant tout les inventeurs de leur propre langage. Entre danse, théâtre et performance, créant des œuvres où le corps devient un vecteur puissant d’émotion et de narration : le Théâtre du Corps est le cœur battant de leur projet. « Tout ce que nous rêvons est réalisable ». Cette phrase d’Eugène Ionesco illustre parfaitement le parcours inédit de ces artistes qui ont « défriché » de nouveaux territoires pour la danse, de l’Olympia aux salles de spectacle en milieu rural, des jeux Olympiques de Pékin aux plateaux de télévision, avec l’envie et l’ambition de faire différemment et de croiser les disciplines. Ils font aujourd’hui partie des quelques compagnies françaises indépendantes à avoir assuré plus de 1 000 représentations devant plus d’un million de spectateurs dans 16 pays à travers le monde.  En 2021, ils ouvrent leur propre Centre de Formation Professionnelle à Alfortville dans lequel ils transmettent leur technique, leur sensibilité artistique ainsi que les connaissances et compétences nécessaires à tout interprète et entrepreneur du spectacle. Plus de 30 jeunes artistes bénéficient chaque année de ces enseignements et d’une expérience professionnelle unique en lien avec les partenaires institutionnels, universitaires et culturels de la compagnie.  C’est avec l’audace de leurs 20 ans que les deux créateurs se lancent avec leurs équipes dans un ambitieux programme pour 2025 : un spectacle événement qui revient sur leur répertoire offert à tous les publics, des reprises parisiennes, des tournées nationales et une nouvelle création Don Quichotte. Du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2025 : La Leçon, à la Scala Paris (reprise), version étendue à 15 interprètes  Chorégraphie et mise en scène Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault  mer, jeu, ven, sam à 19h et dim à 15h Créé en 2022, le spectacle La Leçon est la troisième adaptation d’une œuvre d’Eugène Ionesco par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault après « Les Chaises » et « M. & Mme Rêve ». La mise en scène transforme une classe oppressante en un espace où le corps devient le véritable langage. Julien Derouault y incarne un professeur tyrannique et exalté, dont l’enseignement frénétique oscille entre danse, arithmétique et linguistique, tandis que ses élèves, sous son joug, se plient à une chorégraphie aussi précise que chaotique. Une nouvelle élève, avide de danse et de savoir, se heurte à la réalité brutale d’un maître qui manipule les corps autant que les esprits, jusqu’à ce que tout bascule… Pietragalla et Derouault fusionnent la puissance expressive de la danse avec la densité dramatique du théâtre. Les mouvements, ciselés et intenses, ne se contentent pas d’illustrer le texte : ils le réinventent, le prolongent, et parfois le défient avec la virtuosité de 15 interprètes du Théâtre du Corps. Avec La Leçon, le public est convié à vivre une expérience artistique où la danse porte une réflexion sur le pouvoir, le langage et la soumission.   Tournée 25-26 :  6 nov. 2025 au Ponant à Pacé (35), 16 jan. 2026 à Franconville (95), 24 jan. 2026 à la Commanderie à Dôle (39), 26 jan. 2026 à La Mals à Sochaux (25), 30 jan. 2026 à la Salle Horizon-Pyrénées au Muret (31), 27 fév. 2026 à Vaugneray (69). « Nous avons, aujourd’hui plus qu’hier, le besoin et le devoir d’échanger, d’émerveiller, de partager, de bousculer, de réveiller et d’émouvoir ; de mettre en commun non pas une pensée commune, mais nos énergies, nos contradictions, nos espoirs et désespoirs pour que la culture soit au-delà du supplément d’âme, ce qui permet à l’individu de s’élever. » Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault À propos du Théâtre du Corps Le Théâtre du Corps est le nom du travail artistique des chorégraphes Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault et de leur compagnie de danse aujourd’hui basée à Alfortville (94) près de Paris. Dès 2004, Marie-Claude Pietragalla, figure emblématique de la danse française, l’une des plus célèbres danseuses étoile de l’Opéra de Paris (1990-1998) et ancienne directrice du Ballet National de Marseille (1998-2004) s’associe à Julien Derouault, danseur soliste du Ballet National de Marseille (1997-2004) pour créer, diffuser et produire leur travail personnel. Le Théâtre du Corps est une recherche artistique sur le sens du mouvement, son expression et sa théâtralité, mais également une technique de danse et de jeu fondée sur l’appropriation et la respiration d’un texte à travers le corps. Cette méthode unique en son genre, où l’acteur danse et le danseur joue, est aujourd’hui au centre de leur travail de création. Depuis 2021, elle se transmet au sein de leur Centre de Formation Professionnelle à Alfortville qui délivre un Certificat professionnel de niveau 5.

De Strasbourg à New-York : le parcours atypique de Nelly Roos

Par Iris Gratiet

Forte d’une dizaine d’années d’expérience dans le domaine du marketing et de la communication digitale, Nelly Roos a travaillé dans le secteur du tourisme, en agence de publicité, en agence média et en start up. Elle a notamment accompagné certaines entreprises dans la création de leur identité de marque, l’acquisition de clients, ainsi que la mise en place de produits digitaux. Depuis un peu plus d’un an, Nelly s’est lancée dans un projet personnel et professionnel de l’autre côté de l’Atlantique, direction New-York ! Qui es-tu Nelly et pourquoi avoir collaboré avec le Collectif Overjoyed ? Je m’appelle Nelly Roos, je suis une communicante, entrepreneuse, danseuse et chorégraphe. En 2020, en plein confinement, je monte Queen Communication, une agence de communication digitale dont le business modèle est très similaire à celui d’Overjoyed : je m’entoure de freelances, indépendant·es et agences partenaires pour répondre aux besoins de mes clients.En parallèle, je participe en tant que danseuse à une campagne pour la marque Undiz, orchestrée par Collectif Overjoyed. C’est comme ça qu’on se rencontre avec Marie-Pierre Bourdier.On développe nos structures avec des expertises très complémentaires, une passion commune pour le secteur de la culture et du spectacle et des valeurs similaires d’un point de vue professionnel et humain. Forcément, c’est un match et on commence à collaborer sur différents projets. Mon expertise digitale, plus particulièrement sur les sujets « social media », influence et « SEO/SEA » permet de compléter les équipes du collectif et de proposer des solutions « 360 », on et « offline », aux clients d’Overjoyed. Je suis très reconnaissante d’avoir pu croiser mes deux passions, la communication et l’univers du spectacle, grâce aux missions confiées par Marie-Pierre !  Comment es-tu venue à la danse ? Depuis quand en pratiques-tu et qu’est ce que cela t’a apporté ? J’ai commencé la danse très jeune, comme beaucoup de petites filles de ma génération, avec du Modern Jazz, dans l’école de mon quartier à Strasbourg. C’est tout de suite une évidence. J’aime danser, être sur scène, créer… Je continue de prendre des cours au Centre Chorégraphique de Strasbourg, en Modern Jazz puis en Hip Hop jusqu’en terminale.Je pars ensuite à Paris faire mes études, et je me laisse rapidement intimider par les cours proposés dans les studios parisiens, et surtout emporter par la découverte d’une nouvelle vie, d’une nouvelle ville et du rythme universitaire : j’arrête de danser pendant près de 7 ans. Je reprends en 2017 avec le cours de Mehdi Kerkouche au Studio Harmonic et l’évidence est toujours la même.  Un cours par semaine se transforme rapidement en 2 puis 3 puis 4, 5, 6 cours hebdomadaires. J’alterne entre des cours au Studio Harmonic, au LAX Studio et des trainings privés que j’organise avec un un groupe d’ami·es passionné·es. Affirmer que reprendre la danse a changé ma vie serait presque un euphémisme. Grâce à la danse, j’ai l’impression que je me suis enfin autorisée à être 100% moi-même, même les parties que je trouvais un peu trop “extra” / “over the top”.Grâce à la danse, j’ai appris à me connecter à mon corps, j’ai appris à lui faire confiance aussi.J’ai appris à mieux gérer mes doutes, mes insécurités. J’ai appris à lâcher prise, à être vulnérable, à être forte, résiliente, et à m’exprimer. Grâce à la danse, j’ai pris confiance en moi.J’ai aussi rencontré des personnes incroyables qui m’inspirent au quotidien et qui pour certain·es comptent parmi mes ami·es les plus proches, voire des partenaires pro. J’ai découvert une nouvelle forme d’amitié : connectée autour d’une passion commune, en dehors de ses cercles habituels, sans se soucier des notions d’âge, de classe sociale, de boulot… c’est unique !  Pourquoi rejoindre New-York aujourd’hui ? Avec mes ami·es, nous sommes parti·es à plusieurs reprises nous former à l’étranger et en 2022, après quelques semaines à NYC, c’est la révélation ! Je découvre des styles comme “Theatre” ou “Broadway Jazz” et c’est ce que j’ai toujours rêvé de faire, en tant que très (très) grande fan de comédie musicale. Je découvre également une pédagogie qui insiste autant sur la technique que sur l’individualité et le « story telling » et tombe amoureuse. En France, j’ai également le sentiment de ne plus réussir à progresser comme je le souhaiterais, j’ai l’impression d’avoir atteint un plateau et je sens que j’ai besoin d’autre chose pour le dépasser.J’entends parler du programme “Independant Training Program” du Broadway Dance Center, un programme très flexible, qui va de 3 mois à plusieurs années, qui me permettrait de me former, avec un visa étudiant, tout en continuant de travailler à mon rythme. Je pars initialement pour 3 mois. C’était en janvier 2024 ! En quoi cette formation change ton regard sur les parcours artistiques ? Depuis janvier 2024, j’ai eu la chance de suivre plusieurs formations au Broadway Dance Center : le “Independent Training Program”, un programme qui permet à tous les niveaux de se former dans tous les styles, “Choreography Track”, un programme centré sur la création chorégraphique et l’industrie chorégraphique aux USA et enfin, le “Professional Semester” un programme accessible uniquement sur audition, destiné aux danseur·ses pro ou pré-pro dont le but est de les préparer au mieux à réussir dans l’industrie de la danse aux USA. Quelle que soit la formation, nous sommes considéré·es par les professeur·es et l’équipe pédagogique comme des artistes et des performers. Je n’avais encore jamais totalement osé me décrire comme telle, et ce changement de mindset m’a transformée ! La mentalité américaine est également très différente de la nôtre et ce qu’elle a sûrement de meilleur est de nous convaincre que TOUT est possible. Qu’en travaillant, on peut tout faire. Que nos rêves sont accessibles et méritent de se réaliser. J’ai également pu comprendre que la danse, ce n’est pas “que” être danseur·se. Il y a énormément de métiers et de possibilités dans cette industrie qui ne se limitent pas à performer sur scène ou en vidéo : le champ des possibles est vaste et, aux USA, on est encouragé à tous les explorer, à créer ses propres opportunités. Qu’est-ce qui te rend « Overjoyed » dans…

Culture & Communication. Interview #17 : Karine Joyeux, responsable de la communication au Théâtre de l’Onde de Vélizy-Villacoublay

Par Iris Gratiet

Chaque mois, nous allons à la rencontre des dirigeant·e·s et communicant·e·s du secteur pour partager leurs visions du métier, leurs bonnes pratiques et leurs motivations. En mars, nous avons rencontré Karine Joyeux, responsable de la communication au Théâtre de l’Onde de Vélizy-Villacoublay. Un émoji pour commencer ? 😳 : l’émoji étonnée, curieuse, les yeux grand ouverts… Peux-tu nous raconter le parcours qui t’a menée jusqu’au spectacle vivant et à la communication particulièrement ? J’ai fait des études de lettres durant lesquelles j’étais vacataire au Théâtre de Sartrouville pour accueillir les spectateurs en soirée, contrôler les billets, les vendre, saisir les abonnements… Des années pendant lesquelles je me suis nourrie de spectacles ! J’ai ensuite enseigné le Français plusieurs années dans le secondaire. J’ai continué à fréquenter le Théâtre de Sartrouville, et un soir, c’était pour une représentation de Forêts de Wajdi Mouawad, j’ai appris que la responsable billetterie partait pour une année sabbatique. Je n’ai pas hésité longtemps à lâcher cours et copies pour proposer de la remplacer durant son absence. J’ai eu beaucoup de chance, d’autant plus qu’elle n’est jamais revenue de son voyage. J’ai continué à travailler à l’accueil-billetterie du Théâtre de Sartrouville pendant encore une année. Néanmoins, je ne voyais pas la billetterie comme une finalité. Je rêvais d’écrire la brochure et les programmes de salle ! La Secrétaire générale m’a donné l’opportunité de le faire. Je suis donc entrée en communication par l’écrit et j’ai travaillé en binôme avec un collègue auparavant graphiste indépendant. Tous les deux, nous avons été capables de donner forme de façon rapide et léchée à toutes sortes d’outils et de supports. J’ai bien sûr suivi des formations professionnelles en communication, j’ai surtout appris en faisant, en observant mes pairs, et j’ai toujours été très bien entourée par mes collègues aux relations avec le public et à la billetterie. Mon parcours au Théâtre de Sartrouville a été marqué par des rencontres déterminantes avec des artistes qui sont aujourd’hui très influents dans le spectacle vivant, avec des personnes qui m’ont beaucoup apporté, qui m’ont fait confiance – un cadeau que je savoure aujourd’hui ! J’ai quitté le métier d’enseignante, qui est un métier de représentation, pour me mettre à la place de celle qui regarde – une spectatrice en somme ! Je me nourris de ce que je vois et de ce que j’entends pour alimenter mon métier de communicante. Comment s’organise ton travail aujourd’hui à l’Onde Théâtre, de quoi es-tu en charge concrètement ? Je travaille à l’Onde Théâtre de Vélizy-Villacoublay dans le 78 depuis quatre ans. Nous sommes deux à la communication à travailler en lien étroit avec la Secrétaire générale qui coordonne le volet « publics », avec les relations publiques, l’accueil et la billetterie. C’est en dialogue avec elle que j’élabore le plan de communication de la saison au moment où la programmation annuelle s’élabore. Puis j’organise un planning le plus précis possible sur le print, le digital, les partenariats presse qu’on déroule et qu’on réajuste au fil de la saison. L’Onde produit beaucoup de supports imprimés et je suis très sollicitée par le print. Nous travaillons avec une graphiste de renom, Anette Lenz, au trait puissant et exigeant. Cette identité visuelle très forte conditionne beaucoup notre façon de communiquer : d’abord être à la hauteur de son exigence, ensuite la rendre plus accessible, plus familière pour que les publics se l’approprient. Depuis trois saisons, nous avons pris un véritable tournant pour dynamiser la communication numérique grâce à la refonte du site web. Désormais, on développe beaucoup le travail sur la vidéo sur les réseaux sociaux, sur des sites d’information, sur le réseau d’affichage dans la ville et dans les gares. Ma collègue est une vraie perle dans la production de contenus ! On a d’ailleurs envie d’aller plus loin dans l’incarnation et la prescription à travers le média vidéo. Quelle est la spécificité du travail de communicant aujourd’hui à ton sens ? La communication exige beaucoup de polyvalence, d’être en veille, à l’affût des nouveautés, des tendances, des actualités sur les spectacles, les artistes, la profession. J’ai personnellement à cœur de maintenir une exigence rédactionnelle. J’ai souvent entendu répéter : « les gens ne lisent plus. Inutile de faire des textes trop longs » mais je ne suis pas convaincue par cela, et je continue à écrire pour ceux qui lisent et que ça intéresse d’en savoir plus. En tant que lieu culturel et diffuseur, on se doit de produire des écrits de qualité pour les publics, cela fait partie de notre mission de transmission. Aujourd’hui, on a besoin de diversifier les approches et les formats pour s’adapter aux pratiques des publics. Le papier et le digital ne s’opposent pas, au contraire ils se complètent. On procède plus par addition, que par soustraction : on ne peut rien lâcher ! L’écueil pour un communicant dans une institution, c’est la sédentarité, la répétition, les habitudes. On peut avoir tendance à rester dans sa bulle, c’est la raison pour laquelle j’aime travailler avec des intervenant·es extérieur·es (agences, médias, créateurs de contenus) car ce sont de vraies soupapes pour rester ouvert sur l’extérieur et interroger ses pratiques. Quels sont tes défis de communicante ? Rester curieuse, toujours en veille. J’observe beaucoup les bonnes pratiques chez mes pairs. Je reste très attachée à l’opérationnel : pour moi, il n’y a pas de petites tâches, même s’il est important de régulièrement trouver le temps de penser les choses et de réinjecter de la stratégie dans tout ce qu’on produit. On doit être sur les fronts, parler à tous les publics, s’adapter à toutes les pratiques. Quels sont, selon toi, les publics prioritaires à toucher en communication à l’Onde Théâtre ? S’adresser aux plus jeunes. C’est le leitmotiv dans de nombreux lieux. L’objectif à l’Onde est aussi de toucher un public plus jeune et un public familial. On s’adresse principalement à un public de territoire, c’est-à-dire aux écoles, les collèges, lycées, les associations, les entreprises de proximité. Et certains spectacles ou événements nous amènent à élargir vers des publics plus spécifiques (amateurs de danse,…