Chaque mois, nous allons à la rencontre de communicant·e·s du secteur pour partager idées, bonnes pratiques et motivation. Quatrième entretien avec Caroly Occelli, Secrétaire générale du Théâtre de Suresnes Jean Vilar (direction : Olivier Meyer).

Née dans un petit village perdu au fin fond des Alpes, Carolyn Occelli a néanmoins été initiée très jeune au piano, à la cinéphilie et au spectacle vivant : sa mère n’hésitait pas à parcourir régulièrement les 70 kilomètres qui les séparaient du théâtre le plus proche ! Passionnée de danse classique, Carolyn tente le concours d’entrée du Ballet de Marseille… mais échoue. “Cette forme de deuil m’a fait comprendre que je n’avais pas le talent et les dispositions pour devenir une artiste mais que j’avais envie d’être au plus près des artistes, d’exercer un métier utile pour qu’ils rencontrent leurs publics”. Elle suit un cursus qui lui ménage les choix les plus larges (prépa, école supérieure de commerce), s’investit dans des associations artistiques et humanitaires, décroche des stages formateurs dans la musique et le cinéma. Après un début de carrière dans la société indépendante de production et distribution Haut et Court et une incursion de huit ans dans le monde des médias en tant que directrice des partenariats culturels du magazine À Nous Paris, elle est embauchée en tant que Secrétaire générale du Théâtre de Suresnes Jean Vilar par Olivier Meyer début 2019.

Bonjour Carolyn. Quelle est selon toi la spécificité de communiquer dans le secteur du spectacle vivant ?

Je pense que selon les structures, les enjeux et les moyens sont très différents. Par exemple, à Suresnes, nous ne présentons que de “petites séries” de 1 à 4 représentations. Notre communication doit donc s’adapter à cette programmation très séquencée.
Pour moi, une chose essentielle, c’est que l’identité visuelle puisse représenter l’institution de manière homogène, alors même que celle-ci accueille des propositions artistiques très diverses et développe différentes activités (accueil, production, diffusion, actions culturelles…). Cela nécessite un travail de conception de l’identité visuelle au service de différents enjeux.
Par ailleurs une digitalisation forte est évidemment en cours. Elle est importante à plein de points de vue : pour la fidélisation, le développement des publics, la notoriété. Ceci dit, les outils imprimés demeurent néanmoins essentiels : la brochure a une durée de vie longue, la plupart des spectateurs la conservent toute la saison. Pour ce qui est des plans médias, nous jonglons aussi entre le digital et les médias dits “traditionnels” (affichage, presse, radio…). 
Nous travaillons constamment en équilibre entre tradition et innovation. Nous testons sans cesse des choses, notamment dans le champ de la vidéo, utilisée depuis longtemps mais dont les formats sont renouvelés. Et nous nous lançons dans l’aventure du podcast. Une première série, produite avec Cult Media, sortira pour le lancement de la saison 2021-22. Elle raconte le Théâtre de Suresnes confronté à la crise sanitaire, et – nous l’espérons – la sortie de crise. Elle fait vivre les enjeux d’un théâtre de l’intérieur, sans oublier de revenir sur l’histoire spécifique de ce théâtre municipal, délégation de service public, riche de son passé comme de son présent.

Quel est le rôle d’un·e secrétaire général·e par rapport à un·e dircom ?

Au Théâtre de Suresnes, il y a un directeur et trois chefs de service : le directeur technique, l’administratrice et la secrétaire générale. Le Secrétariat général s’occupe de tout ce qui est tourné vers l’extérieur : la communication, les problématiques de relations aux publics (fidélisation et développement des publics, actions culturelles, billetterie, accueil). Pour mener à bien toutes ces missions, je suis épaulée par une chargée de communication, deux chargées de relations publiques, un responsable de billetterie, une chargée d’accueil et, six mois par an, un·e stagiaire com.

Quels sont les temps forts de communication d’une saison au Théâtre de Suresnes Jean Vilar ?

Nous avons deux lancements de saison. Nous révélons la programmation de la saison suivante début juin. C’est un moment très fort, partagé avec nos spectateurs fidèles lors de deux présentations en grande salle (lorsqu’il est permis d’accueillir du public) animées par notre directeur et des artistes. Le second lancement de saison a lieu en septembre, avant le démarrage de la saison. Il s’agit d’une relance, adressée notamment au public plus occasionnel, dans un objectif de développement des publics. À cette occasion, nous diffusons une brochure version poche par routeur mais aussi en dépôt dans de très nombreux lieux à Suresnes, mais aussi chez des partenaires : aux Amandiers, à la Maison de la Musique de Nanterre, à l’Avant-Seine de Colombes, etc. Pour soutenir ce lancement et le début de la saison, nous  faisons de l’affichage local et des campagnes presse et digitales.

Notre troisième temps fort, c’est Suresnes Cités Danse, festival emblématique des danses urbaines et notamment du hip hop créé par Olivier Meyer, qui a lieu en janvier-février. Nous fêterons sa 30e édition en 2022 !  Suresnes Cités Danse a une puissance de rayonnement tant auprès du public que des médias et des professionnels. C’est un enjeu de communication très important, pour lequel il faut  trouver un équilibre entre l’autonomie du Festival et son inscription dans le projet global du Théâtre.

Quels sont vos trois outils de com essentiels ?

En premier, le site internet : c’est l’outil le plus à jour, accessible 24h/24, par tous…
Ensuite, la version poche de la brochure (la version “luxe” est pour les spectateurs fidèles) d’un format pratique (10×15).
Pour le troisième, j’hésite entre les affiches et les réseaux sociaux. À vrai dire, tout est important ! Pour être cohérente avec les temps forts cités plus haut, je pourrais également citer le programme Suresnes Cité Danse !

Un exemple de réussite dont tu es particulièrement fière ?

Le site internet. Nous avons opéré une refonte globale l’année dernière, avec l’agence Ligne13. Nos objectifs : gagner en simplicité et en clarté, avec notamment un accès visible et rapide aux réservations. Je pense qu’on a réussi !

Trois mots clés pour qualifier votre com ?

#elegance #photographie #territoire

Un mot optimiste de fin ?

Cette période nous aura obligés à innover et nous aura appris énormément en peu de temps. Tout cela va nous servir pour la réouverture !

Photos : Maxime Leneindre (Carolyn), Arnaud Kehon (Théâtre) ; pour Suresnes Cité danse : Julien Benhamou ; création graphique : Adeline Goyet

theatre-suresnes.fr