Consultations stratégiques solidaires pour les acteur·rice·s du spectacle vivant

Par Marie-Pierre Bourdier

La communication est un outil majeur de la crise actuelle et de la gestion de l’après. C’est pourquoi, en solidarité avec ceux qui font le spectacle vivant, un secteur fragilisé mais aux multiples ressources, nous mettons nos compétences et outils de communication, à l’écoute de vos enjeux. Jusqu’à la fin du mois de mai, nous proposons des temps d’échanges avec les experts du collectif pour répondre aux problématiques des compagnies ou des structures et explorer des pistes de solutions stratégiques. Pour prendre rendez-vous, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous, de choisir un des créneaux disponibles et de renseigner le formulaire ci-dessous :

Maintenir le lien avec ses publics en période de crise

Par Marie-Pierre Bourdier

Pour la plupart d’entre nous (les acteurs du secteur culturel et plus particulièrement des arts vivants), le confinement a surgi dans nos vies de manière brutale. Malgré les informations qui nous parvenaient depuis plusieurs semaines, chacun se voulait rassurant quant à l’impact possible sur nos vies quotidiennes et surtout sur la fin de saison. Pour les structures et bien plus encore pour les compagnies, et les artistes, les annonces de restrictions de rassemblements, puis de déplacements et enfin de confinement sont venues rapidement stopper l’élan engagé et les événements en cours.  Les contenus culturels essentiels à l’équilibre en période de confinement S’en est suivie une période nécessaire d’organisation et de gestion de l’urgence sociale et administrative pendant laquelle l’espace médiatique a été préempté par les poids lourds du secteur, et du digital, dont le personnel, la structuration et l’expertise permettaient de faire face à de telles situations de crise.  Aujourd’hui, le confinement est installé et nul ne sait réellement quand il prendra fin. Pendant cette période, bien que la situation ne soit pas égale pour tous (selon sa situation personnelle, sociale ou économique) nous savons aussi que tous les individus sont ultra-connectés et que pour 53 % des internautes interrogés par Hadopi, la consommation de produits culturels est même « la plus indispensable (hors travail) à leur équilibre ».  Dans ce contexte, pour certains acteurs du spectacle vivant, il est à la fois essentiel mais aussi utile de nourrir le lien avec les publics. Pour d’autres, il peut même être l’occasion de créer un lien nouveau avec des communautés dont l’attention est plus mobilisée pendant cette période. En effet, en raison de cette ultra connexion, nous pouvons interagir avec davantage de monde, c’est donc une réelle opportunité, de faire tomber les cloisons, de rendre accessible certains contenus.  Prendre le temps de la réflexion et privilégier le premier cercle au quotidien La priorité dans cette période est tout d’abord d’informer correctement les publics, par le biais des outils sociaux à disposition, à commencer bien entendu par l’interne. Être à l’écoute des situations et des besoins et des difficultés de chacun, inventer de nouveaux modes de travail, impliquer davantage lorsque c’est possible est prioritaire dans une telle situation. Non seulement pour gérer le quotidien mais pour préparer la sortie de crise qui sera longue.  Auprès des publics externes, la publication de communiqués réguliers sur l’impact des mesures sur les événements en cours, les propositions de contenus créatifs ou inédits et la création d’un dialogue participatif permettent de rassurer mais surtout de démontrer la capacité d’adaptation des organisations.  Les difficultés principales résident dans la définition du ton approprié à la situation et d’un rythme de prise de parole remis régulièrement en question, chaque semaine voire chaque jour, par l’actualité.  Préparer la sortie de crise Pour cela, il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion et de la concertation. S’il est fondamental de ne pas disparaître des radars, il est au moins aussi important de ne pas se précipiter. Les crises nous poussent à réinterroger les fondamentaux de nos organisations. C’est donc l’occasion de travailler le fond et là encore de profiter du temps disponible pour questionner nos publics privilégiés et en priorité les partenaires institutionnels et les médias.  La multiplication des contenus créatifs proposés par les institutions en lien avec les artistes eux même est le témoignage de la capacité d’adaptation du secteur. Désormais, l’enjeu pour chacun va être de s’appuyer sur ce lien nouveau pour inventer l’après-crise. Illustration : Orchestre national de France / Opéra de Paris

Stupeur et confinement

Par Marie-Pierre Bourdier

Bien sûr, entreprendre dans la culture et le spectacle vivant, c’est risqué. Surtout quand on fait le pari de l’innovation sociale plutôt que celui de l’innovation technologique. Quand se greffe une crise économique et sociale, on se dit ça va être compliqué. Et lorsque se produit un événement aussi inédit que le Covid-19… Mais ce matin, après quelques jours de déception, de résignation, puis surtout d’organisation, c’est la détermination qui prime. Parce que, chaque minute, on constate l’extraordinaire vitalité, créativité et solidarité de tout un secteur : des médias qui ouvrent leur colonnes, des plateformes qui rendent accessibles leurs contenus, des artistes, danseurs et pédagogues qui offrent des trainings en ligne et des influenceurs qui contribuent à lister et relayer ces initiatives auprès du plus grand nombre (liste ci-dessous, qui sera actualisée au fil des jours). Parce que nos sociétés se sont déjà rendu compte à quel point on a besoin de ce mouvement vers l’autre, de cette poésie, de cette émotion partagée de manière collective, instantanée et unique. Alors, cette envie de nous mettre au service des structures, des compagnies et des artistes prend non seulement tout son sens mais surtout son utilité. Peut-être le « jour d’après » nous permettra-t-il à tous de réinventer le « vivre ensemble » en laissant une plus grande place à nos humanités et à ce que cette chère Cristina Comencini désigne comme « la seule et unique partie renversée de notre vie » ? D’ici là, nous avons déjà une formidable opportunité pour revisiter chaque jour les magnifiques productions existantes grâce au digital. Nous avons aussi la chance de pouvoir investir nos communautés qui auront besoin de garder le lien en dehors de toute actualité. Qui seront à l’écoute des histoires, des valeurs et des projets. Nous avons surtout ce nouveau pouvoir d’exploiter ce temps pour ralentir, réfléchir, (co)construire, faire des choix pour nous préparer au mieux à l’arrivée de l’été, qui reste pour nous, petites Cigales en temps de crise, la saison idéale pour nous refaire. Iniatives sympas du secteur Dans l’Oeil d’Olivier ouvre ses colonnes aux directeurs de structures Sceneweb propose à chaque artiste de donner des conseils de lectures, vidéos et activités L’Opéra de Paris met en ligne gratuitement ses spectacles Danse avec la Plume recense les contenus disponibles en ligne Crédit photo : Philippe Monpontet (PhilMyself)

Hommage à Olivia de Catheu

Par Marie-Pierre Bourdier

Dans le cadre de son développement, Overjoyed a eu le privilège de collaborer avec Olivia de Catheu, attachée de presse spécialisée dans le secteur de la culture, qui avait rejoint le collectif en mars 2019 pour, notamment, promouvoir les jeunes compagnies de danse. Après une formation à l’EAC Paris, Olivia débute sa carrière chez Robbapresse, puis passe par plusieurs agences avant de s’arrêter quelques années chez Via Nova puis Façons de penser. Elle développe une solide expertise dans la culture et plus particulièrement dans le spectacle vivant et les grands événements comme le Festival des Francophonies en Limousin, les Journées du Patrimoine et le Salon du Livre. Après un rapide détour par la communication institutionnelle, elle se lance en indépendant et intègre l’agence Dezarts.  Attachée de presse pleine d’entrain et de gouaille, Olivia exerçait son métier avec passion, efficacité et persévérance, dans une qualité de relation qui ne pourra que nous manquer.  Elle nous a quittés soudainement le 5 septembre dernier, à 40 ans, nous laissant terriblement tristes.  Tout le collectif Overjoyed s’associe à la douleur de sa famille, avec une pensée particulière pour ses jeunes enfants.  En mémoire de sa joie de vivre et son implication, nous continuerons l’aventure sans rien lâcher.

Cie Tetrapode : questionner les transformations sociales liées à l’urbanisation

Par Marie-Pierre Bourdier

Née à Taiwan en 2015, parisienne depuis 2017 pour développer ses projets chorégraphiques en Europe, la compagnie Tetrapode mène une recherche fondamentale sur l’origine du mouvement. Son univers se caractérise par l’âpreté des gestes, un humour noir et une forte dimension plastique insufflée par le chorégraphe Fu LE, également plasticien (Arts Appliqués en sculpture) et vidéaste. Chaque création débute par une étude anthropologique spécifique pour ensuite détourner les repères spatio-temporels, les matériaux et les techniques. La compagnie se veut un laboratoire de recherche poétique sur la place de l’homme dans la société, le processus de création, avec pour objectif l’élaboration de spectacles de danse, mais également de formes pluridisciplinaires incluant la vidéo et la performance. Fu LE, chorégraphe éclectique Formé à la sculpture aux Arts Appliqués, il apprend les techniques de marionnettes avec A. Recoing pour mettre en scène ses sculptures. À Buenos Aires, il se consacre au théâtre corporel avant d’intégrer la Cie junior Le Marchepied à Lausanne, où il travaille avec M. Berrettini et P. Harsch. Il revisite alors sa pratique de plasticien à travers l’expérience sensible du corps dansant, et découvre en autodidacte la vidéo qui lui permet de témoigner de sa recherch par des expositions, notamment au CCNO – Josef Nadj. Fu LE évolue actuellement à la lisière entre danse et sculpture. Il poursuit sa recherche à Taïwan, questionnant les transformations sociales liées à l’urbanisation. En 2018, il reçoit le prix Beaumarchais pour l’écriture en danse. Son objectif est d’unir ses acquis plastiques à l’intimité du corps. L’accompagnement d’Overjoyed Overjoyed accompagne la Cie Tetrapode dans l’administration de production et la diffusion de ses projets chorégraphiques, particulièrement la nouvelle création Co-Pulation. Co-Pulation Co-Pulation est une chorégraphie pour danseurs et pantins, mêlant danse contemporaine et aérienne à la manipulation d’objets. La pièce s’attaque au désir d’absolu et de véracité qui mène ou perd chaque individu, en s’appuyant sur certains écrits de Borges qui, à travers une recherche littéraire d’authenticité, évoquent de vains artifices – miroirs, masques ou encore la copulation – pour approcher l’idée de reproduction à l’identique. Première le vendredi 24 mai 2019, à l’Ecam – Théâtre du Kremlin-Bicêtre dans le cadre de la Biennale Internationnale des Arts de la Marionnette. Interprètes, équipe et musique : Chorégraphie : Fu LE Interprètes : Claire Chastaing, Lola Lefevre, Roxane Ouazana Composition musicale : Harun Bayrakatar Création Lumières : Céline BalestraCostumes : Candice Besserve Construction marionettes : en cours Diffusion : Overjoyed Partenaires : Partenaires financiers : ECAM – Théâtre du Kremlin-Bicêtre / Beaumarchais-SACD / SPEDIDAM Résidences : Dance Limerick, R.E.D., La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne, Théâtre de l’Oulle, ECAM – Théâtre du Kremlin-Bicêtre, Château de Monthelon, Le Silo, La Mue – Karine Saporta, La Ménagerie de Verre. Accompagnement : La Fabrique de la Danse, Danse Dense, Le Croiseur https://www.cie-tetrapode.com/ Photo du bandeau © Sudesh Adhana – Tous droits réservés

« Forges » : valoriser le patrimoine immatériel

Par Marie-Pierre Bourdier

Forges est un projet artistique transdisciplinaire de valorisation du patrimoine matériel et immatériel. Depuis 10 ans, l’association ChoréActif porte le travail de Clotilde Amprimoz, chorégraphe de l’image, associée régulièrement à la chorégraphe Lisa Robert. Issue d’un cursus universitaire pluri-disciplinaire à Paris 8, elle est lauréate du prix européen Métamorphoses. Elle met sa créativité au service de projets ambitieux et sensibles, comme par exemple la série de films Homo Laborans (2011-2018, portraits de travailleurs), auto-production de l’association qui valorise le patrimoine matériel et humain de manière poétique.  Dans la prolongation du projet mené à Thiers entre 2016 et 2018, Forges est une nouvelle étape dans le travail de recherche de création et de médiation de la compagnie. Il s’étend aux forges industrielles qui façonnent et animent les territoires de la Communauté de communes Thiers, Dore et Montagne, Loire-Forez Agglomération et St Étienne.  Le projet repose sur la création in situ de performances et de portraits vidéo traitant de l’homme au travail et de la transmission du patrimoine immatériel sur un territoire, avec deux artistes associées, une réalisatrice et une chorégraphe.  L’objectif de ce projet de film est triple : créer du lien social et artistique afin de favoriser les rencontres entre les « travailleurs de l’usine » et le grand public (habitants, scolaires, retraités) ; valoriser les savoir-faire et les métiers, donner un accès à la culture et à la création artistique aux jeunes en formations et aux ouvriers ; transmettre différents types de mémoires et en construire d’autres (à travers des savoirs, des souvenirs, des sensations, des émotions). L’accompagnement d’Overjoyed Overjoyed accompagne l’association ChoréActif dans l’administration de production et la diffusion des projets. www.clotildeamprimoz-choreactif.com

« Entrelacés » : explorer ses identités multiples

Par Marie-Pierre Bourdier

Entrelacés est un spectacle du chorégraphe d’origine roumaine Daniel Pop, composé de cinq pièces chorégraphiques et visuelles sur le thème de la construction identitaire. Cette création évolutive explore dans une alternance rythmée de solos et de duos, nos identités multiples, culturelles, religieuses et sexuelles. Celles dont on hérite, et celles que l’on construit, celles que l’on peut vivre et celles que l’on étouffe, celles que l’on découvre. Entrelacés nous interroge aussi sur les rapports de soumission à l’autre, à la société et à l’histoire et sur la capacité de chacun à sortir de la domination pour affirmer sa liberté.  Les différentes pièces associées à un mapping visuel de Luis Fabrega nous emportent dans un univers esthétique riche des nombreuses influences artistiques et culturelles de Daniel.  « Mon parcours de l’Est à l’Ouest m’a obligé à m’adapter, à écouter, à découvrir et surtout à me battre pour affirmer mon envie de danser. J’ai toujours eu le besoin de passer des messages à travers le mouvement en dehors des règles et des carcans de l’institution. » Daniel Pop Entrelacés est un récit d’apprentissage dans lequel chacun peut se retrouver et même peut-être participer… L’accompagnement d’Overjoyed Overjoyed a soutenu la promotion des 10 représentations de la première version du spectacle au mois d’octobre 2018 au Théâtre Clavel (Paris 19e). Chorégraphie : Daniel Pop Interprètes : Alexia Pau et Daniel Pop Création visuelle et musique : Luis Fabrega Costumes : Hisako Tanaka  Production : Mattei corporation/ 4everfilms  Photos : Anne-Sylvie Bonnet. Tous droits réservés.